Le " Général " et les " fabriqueurs "
Le recteur est aidé dans la gestion matérielle de la paroisse, anciennement par la "généralité" des paroissiens, puis par le "général" qui délibère dans la sacristie ou à proximité. C'est une sorte de conseil composé de marguilliers, du recteur et du seigneur ou de son représentant. Il est chargé de veiller à l'entretien de l'église et du presbytère, du prélèvement et de la répartition des fouages, de la répartition des corvées. C'est lui qui désignait les miliciens, Ies égaiIleurs et les collecteurs d'impôts.
Il désignait aussi les "fabriqueurs" et "marguilliers" renouvelés chaque année, le prévôt ou "bouestier" des trépassés. Ainsi en 1643, c'est Jacques Dinault qui est procureur de la boite des trépassés, après Julien Boussicault. A ce titre, il soutient un procès contre Jean Boutin qui contestait la propriété d'un legs fait par son frère François au bénéfice des Trépassés ( Deniau, Petit Messager ). Dans les archives de la famille de Virel au château de Trédion figurait un acte d'accord à ce sujet, daté du 3 Mai 1651 et portant les signatures des prêtres et des habitants ( Halgouet ). Un autre document de la même source donne les noms des marguilliers et miliciens désignés en décembre 1745 ( ibid.). Le registre des baptêmes de 1662 donne le nom d'un "fabriqueur de la présente année" : Julien Navinel, parrain de Jeanne, fille de Julien Gaultron et Françoise Rochereul. En 1657 Mathurin Denieul assiste en cette qualité à la bénédiction de la cloche. Selon l'abbé Deniau, Julien Diais était aussi fabriqueur à ce moment, et en 1761, un nommé Richard qui signe un égail. En 1700, l'un des fabriqueurs est Julien Roul. Nous savons encore, grâce aux registres paroissiaux que les marguilliers versèrent 35 sols pour l'achat du papier ( et de sa reliure ) utilisé pour la confection d'un registre en 1695.
Voici ce qui est écrit en tête des actes de cette année : " Je soussigné faisant pour Me Olivier Imbault propriétaire des charges de greffiers gardes et conservateurs des registres de baptême(s), mariage(s), sépulture(s) de l'évêché de Nantes confesse avoir receu des trésoriers et marguilliers de la paroisse de Saint-Aubin des châteaux la somme de seize livres sur le pied du nombre de trois cents seixze chefs de familles dont ladite paroisse se trouve composée suivant l'état qu'ils en ont fourny et outre la somme de trente cinq sols pour le papier et reliure d'un des registres qui doit rester à la ditte paroisse sans préjudice de plus grand deu . fait à Ch(ât)aubriant le troisième janvier 1695…"
L'abbé Deniau signale encore dans un compte de fabrique de 1782, Joseph Gaudin, qui touche 21 livres pour avoir couché dans l'église pendant six mois " sans doute pour la garder des rôdeurs, et Pierre Gaudin, qui reçoit 13 sols pour avoir fourni du suif et de la chandelle."
Le général devait consigner ses délibérations dans un registre spécial qui était gardé, conformément aux arrêts du Parlement de Bretagne, dans un coffre … Celui-ci pouvait être ouvert au moyen de trois clés, dont l'une était entre les mains du recteur, la deuxième remise à l'un des marguilliers, la troisième, au procureur fiscal de la juridiction. Des mémoires écrits à ce propos, figurent aux Archives départementales d'l.et V. (C 2732)