Les Eglises
La plus ancienne fut la chapelle Saint-Jean, que l'on appelle aujourd'hui la chapelle des Templiers, ainsi nommée parce qu'au XII° siècle, les Templiers restaurèrent l'édifice primitif, édifice cité dans un acte de 1080 et dit " ecclesia sancti albini de castris ". D'accord avec le seigneur du lieu, ils érigèrent une autre construction pour le culte, là où se trouve actuellement l'église paroissiale. L'abbé Deniau auquel j'emprunte ces quelques lignes, décrit ces deux églises dans son ouvrage: "Quelques pages d'Histoire " et, sous la signature du docteur Yves Merlant, dans les " Annales de Nantes et du Pays Nantais ", un texte donne quelques renseignements complémentaires, accompagnés d'un dessin d' A. Brémont. J'ajouterai seulement que nous connaissons un peu l'intérieur de la seconde par les quelques lignes de l'abbé L'Aubier rapportées plus haut. Nous savons aussi qu'une chapelle du Rosaire fut élevée dans le transept, en 1777, du côté de l'Evangile. Le clocher fut démoli et remplacé par une tour en 1776 ( A.D.I.V. - C 1238)
Les Chapellenies et les chapelles
Les chapellenies étaient des fondations de messes généralement assises sur des terres ou des valeurs, apanages de prêtres qui pouvaient en disposer à leur gré et qui étaient appelés chapelains. Cette faveur s'appliquait soit à un autel de l'église paroissiale, soit à une chapelle située en dehors. Ainsi, nous trouvons dans les archives (A.D.L.A. - G 565 ), daté du 23.04.1663, un legs de François Charron et Renée Chappelays se montant à 1000 livres tournois à V. et D. Missire Charles Chappelays, sieur des Foulgerays, à charge pour lui " de célébrer en l'église de Saint-Aubin, devant l'autel de la Vierge, six messes par mois pendant son vivant ... Au décès de chacun d'eux ( les donataires), le jour de l'enterrement, le chapelain dira une messe de requiem solennelle, etc. "
Dans un aveu de 1535, figure une chapellenie d'une messe par semaine servie en l'église de Saint-Aubin par (Mathurin) Rochereul, le samedi, à l'autel de Notre-Dame " fondée par feu Jan Rochereul, il y a environ 40 ans..." ( Halgouet).
En 1600, Jean Hupel, régisseur des biens des Rohan à Saint-Aubin, fondait le bénéfice dit de la Mi-Août. Ce bénéfice était constitué d'un ensemble de terres et de maisons dont la rente était versée au titulaire, lequel, en contrepartie, devait assurer deux messes par an à basse voix et deux messes de requiem. C'est Pierre François Jambu, clerc tonsuré, qui, en 1789, en sera titulaire.
Un régail de rentes de 1618 nous apprend que Missire Olivier Deslandes est chapelain d'une chapellenie fondée par Louis Cauquelin. En 1684, le titulaire de la chapelle Saint-Jean se nomme Jean Peslerbe, un prêtre qui devint recteur de Treffieux (Deniau). De 1686 à 1693, Missire Pierre Hobel fut titulaire de la chapellenie du Pressoir.
Des chapelles rurales existaient aussi à la Coquerie, à la Morinais, à la Souchais où l'on se rendait encore il y a peu de temps lors des Rogations ( en 1966, l'abbé Deniau constate : "la foule débordait largement au-dehors ").
Non loin, sur la paroisse de Sion, mais bien connue des Aubinois, il y a la chapelle de Briangault que visite le recteur de Saint-Aubin le 7 Septembre 1675. " La chapellenie des Briangaux, dit-il n'est point en estat. Le prieur de Villeport ( Villepôt 44 ) la possède et y doit une messe tous les dimanches à raison d'environ quarante escus de dixmes qu'il y lève. Pierre Cathel l'aisné est encore redevable de la somme de 50 escus ou deux cent(s) livres pour l'exécution du testament du desfunct recteur de Mouais dont il avait esté chargé. J'en parlerai à M. le procureur du Roy. Il y a encore deux testaments à exéculter l'un de Jacques Lebocé et l'autre de Julien Piraux. Mr le vicaire se charge d'en faire la suilte et la diligence …"
Le Presbytère
Guy de Montfort éleva, près de l'église, au X° siècle, un manoir qui deviendra plus tard la commanderie des Templiers, puis de 1461 à 1881, le presbytère de la paroisse. Ce bâtiment appartenait en 1461 à Jehan de Fercé, seigneur de Saint-Pater en Soudan ( 44 ). Il fut échangé contre le " Paradis" du Vauguérin, alors résidence des recteurs, au creux de la vallée de la Chère, " à l'abri des futaies du Boisvert et sur les bords de l'eau ". M. l'abbé Deniau qui a vécu, pendant 28 ans et demi, en cet en droit, décrit les lieux avec satisfaction : " là se nichait une solitude aussi intime que le Paradis, à l'abri des regards indiscrets et, du haut de ce piédestal du Tertre, quelle vue ! Elle s'étend au sud-ouest à travers la vallée sinueuse de la Chère jusqu'aux sombres et lointaines futaies de Domnaiche; vers le sud-est c'est comme un éventail charmant ouvert pour le plaisir des yeux, le vallon de Frény et le Boisvert et, plus à l'est on devine le côteau où derrière les sapins s'abrite l'antique léproserie des Templiers, devenue le manoir de Saint-Gilles qui appartint aux Barbes de la Salmonais. Avec cela, l'église est à quelques dizaines de mètres entourée du cimetière, en bordure du petit chemin qui mène au manoir. Tout était à souhait pour un presbytère ". A la cure était attachée une rente, appelée bénéfice, qui, lors de la Révolution, représentait un revenu de 2000 livres ( Jarnoux ). Pendant la période révolutionnaire, cette demeure fut parfois occupée par la municipalité qui y prêta le serment de fidélité à la République le 2 Pluviose An V ( 21.01.1797). Sous ce texte figurent les signatures de : P. Jambu, notaire, Augeard, notaire public, Jambu fils, Jambu, notaire, Joseph Narbonne, assesseur; Julien Ménager, Simon Guérin, J. Bazile, R. Pesché, Jan Guibert, Pierre Poulain, René Heurtault, Augustin Heurtault; Jambu, juge de paix ( A.D.L.A. - L 223 ).
Rappelons aussi que, lorsque l'abbé Le Métayer quitta sa cure, il dut louer trois chambres au premier étage de la " grande auberge " tenue par Julien Bizeul dans l'ancien manoir des Luette de la Pilorgerie, auberge qui existe encore à l'angle de la place Jeanne d'Arc et de la route qui descend vers Châteaubriant. Le recteur y fit transporter meubles et effets au nom de sa nièce et filleule qui lui tenait lieu de gouvernante, ne laissant au presbytère que les gros ustensiles : tonnes, poutres, bois ... (Deniau)