Archives et Difficultés
Avant de dresser la table alphabétique des actes paroissiaux
antérieurs à 1668, il convient de préciser que le
déchiffrement des registres anciens présente de nombreuses
difficultés.
Comme aujourd'hui, les écritures sont très différentes
selon les personnes et, les alphabets varient selon les époques. Un
"c" ne se faisait pas de la même manière au XVI° siècle
et à la fin du XVIII°. De nombreuses abréviations
étaient parfois utilisées.
Des surcharges ou des ratures viennent aussi compliquer la lecture. De
surcroît, certains registres, à cause de la mauvaise qualité
du papier, à cause des mauvaises conditions de conservation, sont
détériorés ou tout au moins dans un tel état
que des actes sont devenus à jamais inconsultables.
Dans ces conditions, le travail ici présenté, n'a pas d'autre prétention que d'aider les chercheurs dans leurs investigations, si ce n'est toutefois celle de contribuer à prolonger le souvenir d'événements sur le point de nous échapper. Ceux qui seront amenés à le consulter voudront bien m'accorder un peu d'indulgence au cas où des erreurs apparaîtraient.
Il convient aussi de constater que des registres, inventoriés au siècle dernier, sont disparus aujourd'hui. Ainsi l'inventaire de Léon Maître, série E, supplément 1 (1892) indique la période 1592 à 1665 pour les baptêmes. Or il n'existe plus de registres de baptêmes antérieurs à 1650 (pour les mariages, 1598; les sépultures, 1599). En outre, il y a de nombreuses lacunes, comme on pourra le constater en consultant les tables ci-après. Sans pouvoir dire que les registres sont complets, voici la liste des actes antérieurs à 1668 (1668 incomplet):
- Baptêmes : années 1650 à 1667
- Mariages : 1598 à 164 5, sauf 1603 (un acte), 1632, 1635,. 1636,
1637, 1638 et 1644, (1643 : 2 actes, 1645: 1 acte, 1633 : 1 acte)
- sépultures : 1599 à 1625, 1639 à 1642, 1645 à
1653.
Pour mémoire, ajoutons qu'il manque, pour la période postérieure à celle pour laquelle j'ai fait des relevés, les années 1670 à 1673, 1689 et 1690, 1692, 1694, 1696 à 1699 (B.M.S.).
Quelques-uns des actes disparus sont cependant connus:
- le 19 Mai 1598, baptême de Gilles, fils de Jacques
Peslerbe.Parrain: Gilles Le Picard, sgr de la Villebasse. Marraine: (?)
Ronzeray
- le 25 Juillet 1598, baptême d'Isaac, fils de Jacques Privé,
éc. et de Françoise Becdeliepvre, sgr et dame des Bignons.Parrain
Isaac Privé et Jan Urvoy, sgr de l'Echassière. Marraine :
Renée Lemaistre, dame du Vauguérin (Inventaire de Léon
Maître - 1892, et Deniau)
- le 16 Juin 1698, baptême d'Estiennette, fille de François
Galays et de Michelle Haycault. Parrain: Pierre Satinet(?) ; marraine :
Estiennette Hervé. (A.M. Nantes, GG 560, cote 48)
- le 7 Juillet 1554, baptême de Janne fille de René Marchant
et de Michelle Moucheron. Parrain : Jan Rembert, mari de Jullienne Bouciquaud;
marraines : Françoise Bioret, femme d'Estienne Rabu; et Janne Haslé,
femme de Mathurin Jambu (A.M. Nantes, Il 109)
- le ? Juin 1583, baptême de Janne, fille de Pierre Boutin et de
Guillemette Bonnier. Parrain : Ollivier Regis, apparitor, mari de
Pétronille Guérin; marraine : Janne Del..., femme de Jullien
Jotterel, et Petronille Boutin, femme de Guillaume Lebocé (A.M. Nantes
Il 109).
- le 23 Septembre 1569, baptême de Pierre, fils de damoiselle Janne
du Ponceau, et de Jan Chapel, Parrains : Ollivier Hobel, mari de Rodulphe
Uoudemon et Bertrand Rabu, veuf; marraine Françoise Bioret (Nota)
(A.M. Nantes, Il 109).
Peut-être d'autres renseignements pourraient-ils être retrouvés en consultant des archives privées, celles de la famille de Virel par exemple, ou d'une famille alliée, ou encore des aveux ?
On remarque encore que les actes ne sont pas toujours portés au fur et à mesure que se produisaient les événements qu'ils relataient. Ainsi le 20 Avril 1624, il est noté le décès de Jeanne Gallicier, femme de François Bonnier, lequel décéda neuff jours après sa dicte femme". De même, le 21 Mars 1625 : "décès de Jeanne Hervé, femme de François Guérinays et huict jours après Jullien Hervé, son père". Le second décès est porté à la date du premier décès seulement.
Mais il y a pire. A la fin du registre de 1668, l'abbé Moysan écrit : "sont advertys ceux qui chercheront les baptesmes ou sépultures ou mariages qu'ils ne sont pas escrys de suiltes quoyque pourtant ils n'en manquent aucuns. Le sujet de l'erreur est que j'ay trouvez les mémoires cy escrys jettez çà et là cependant ils sont fidellement insérez comme je les ay trouvez ce que j'ay fait par ordre de M. le grand vicaire en son cour de visite tenue le 30 Septembre 1706, en foy de quoy je signe.
R. Moysan, Rr "
Et, plus loin "Je recteur de Sainct-Aubin des Châteaux soussigné certifie avoir trouvez les trois susdits extraits de baptême escrys sur le rituel romain dans la sacristie de maditte église que j'ay insérez mot pour mot comme dit est pour servir où besoin, sera et le tout par ordre de M. l'abbé du Moulin Henriet, grand vicaire de Monseigneur de Nantes, fait à Saint-Aubin des Châteaux
ce vintiesme novembre 1706. R. Moysan, Rr "
Après l'acte de mariage du 12 Juillet 1688, est écrit:
"Je recteur soussigné, à présent exerçant
les fonctions curialles certifie avoir trouvé un petit billet dans
lequel estoit inséré ce quedessus comme dit est, ce que j'ay
fidèllement inséré…."
On trouve des mentions analogues en 1706 :
"J'ay rescry le baptesme cy dessus ...affin de cacher et de couvrir cette fenestre que je ne pouvois réparer autrement ce que j'estois pourtant obligé de faire veuque on nous menaçoit de faire pratiquer l'amende contre les recteurs s'il se trouvait des erreurs dans leurs registres ... les extraits ci-dessus sont véritables et conformes aux mémoires que j'en ay trouvez sur des feuilles volantes..."
Et encore, en 1703 :
"Je vous prie, mon cher lecteur, de ne pas trouver mauvais que j'ay icy inutilement à ce que vous pouriez croire répéter les mesmes choses qui sont fidèlement insérées dans la page suivante et la neufviesme du présent livre, vous ne me blamerez pas quand vous scaurez qu'on voulut dans l'année mil sept cent onze(s) faire pratiquer l'amende à tous les recteurs dont les registres des papiers de baptesme mariages et sépultures ne seroint pas correctes craignant donc de payer une amende de cinq centz livres j'ay remply la présente page de choses inutiles mais au moins qui ne portent préjudice à personne C'est pourquoy je vous prie de m'excuser et de prier dieu pour moy plustost que de me blamer si vous vous trouviez en pareille occasion vous seriez bien ayse qu'on vous espargnast. alteri igitur ne facias quod tibi fieri nolles. R. Moysan Rr de Saint Aubin en l'an 1711"
Le recteur ajoute en 1717:
" il est à remarquer que la présente minute a servy deux ans parce que les papiers de baptesme furent supprimés quant aux droits y attribués estant permys de se servir de quelle papier l'on voudrait pourveu qu'il fust marqué(s) sans rien payer ce que je certifie véritable comme dit est en foy de quoy je signe. R. Moysan, Rr"
Les oublis d'acte sont, à cette époque, plus ou moins fréquents. Alain Croix rapporte cette note d'un recteur breton : "c'estoit à la presse des confessions et n'ayant pu escrire cecy qu'après ce temps je n'ay peu me souvenir de luy lors que j'escrivais les précédantes sur son rang". Alain Croix précise: "l'habitude semble avoir été courante ... d'enregistrer d'abord les actes au brouillon : presque toujours il s'agit de feuilles volantes ... dans plusieurs paroisses, des curés ou recteurs sortis de charge emmenèrent "leur" registre, d'autres refusèrent de le céder..." (La Bretagne aux XVI° et XVII° siècles). Certaines lacunes furent provoquées par les guerres qui troublèrent quelques périodes.
Cet état de confusion dans les registres entrainait parfois des
difficultés dans l'établissement des successions. En Juillet
1789 Pierre Lamballais, mari de Perrine Hamon, en fit l'expérience.
Son procureur écrit:
Personne n'ignore que dans le treizième (?) siècle, à
l'époque de la naissance de Julien et de Marie Hamon, les registres
des paroisses étaient dans le plus grand désordre. On
négligeait trop d'assurer la naissance et le décès des
citoyens et c'est ce que justifie l'extrait de mariage de Julien Hamon du
ler Mars 1707; on y voit que lorsqu'il voulut s'unir avec Magdelaine BroSsier,
il ne put trouver son extrait de baptême; il paroit qu'il n'avait pas
plus été pôrté sur les registres de Louisfert
que celui de Marie Hamon, sa soeur, un certificat du sieur Lemonnier, recteur
de Louisfert, du huit de ce mois, annonce que les registres de sa paroisse
ne sont pas en bon état.
Ce recteur atteste qu'il y en a plusieurs qui manquent et que d'autres sont usés et déchirés.... Les citoyens ne peuvent être victimes de la négligence de leurs pasteurs. L'article 14 du titre vingt de l'ordonnance de 1667 permet de vérifier par témoins les baptêmes, mariages et sépultures quand les registres sont perdus ou qu'il n'y en a jamais eu. (B 12375 - ADLA).
Un autre cas se pose le 14 Août 1789, pour la succession de Jan Leclerc : "on ne peut disconvenir que Jan et Antoine Leclerc, l'un père du décédé et l'autre ayeul paternel de la suppliante ne fus(s)ent frère(s) germain(s). Jan était présent au mariage d'Antoine et il fut califié du nom de son frère.Cette consanguinité ne peut donc estre aujourd'huy la matière d'un doute ... Au reste la cour vient de juger une question semblable; le sieur Thuillier ... de la Cocquerie, héritier du sieur Planchenault pris mainlevée de la succession en la baronnie d'Ancenis il ne put justifier la souche commune et il n'apportoit d'autres preuves de sa filiation que Jan Thuillier, son ayeul, et Guillaume, bisayeul du sieur Planchenault étaient frères sans qu'on p(e)ut découvrir la double union, les juges d'Ancenis ne le regardèrent que comme frères consanguins; mais la cour a réformé cette sentence qui n'adjugeait au sieur Thuillier mainlevée qu'en l'estoc paternel des maternels au lieu de luy avoir accordé mainlevée de tous les biens de l'estoc paternel …"
On ne s'étonnera pas de constater qu'il y a parfois des blancs ou au contraire des remplissages, des actes intercalés en marge et pas toujours à l'emplacement où on devrait les trouver.
Les mêmes noms ne sont pas toujours orthographiés de la même manière. Il n'y a pas de règle alors et la prononciation est souvent déterminante à ce sujet. Suivant les scribes, les régions, et les époques, il y a des variantes. Aussi, comme aujourd'hui, les rédacteurs n'étaient pas exempts de lapsus calami.
On trouve donc des Diais écrits Dyaes, Dyais, Diet, Diais.... des Boussicault, Boussecaut, Boucicaut, Boussicaud..., Hougueron, Hougron..., Nerbonne, Narbonne, ... Tressé, Tersé, Le Tressé..., Rialland, Riallan, Rialen..., Renaud, Ernaud..., Bizeul, Biseul, Bisseul .... Guihéneuc, Guineheuc et Guinheu ...
En cas de consultation d'une table, avant d'abandonner une recherche, il est conseillé de faire preuve d'imagination .