Les Coulombe
Famille alliée aux Dufresne de Virel par Augustin-Henry qui épousa Henriette-Louise de Coulombe, petite fille de Valentin-Hyacinthe et d'Agnès Dauvergne, et fille d'Henri-François, et de Jeanne-Michelle de Lochan-Kerouriou.
Le contrat de mariage de Valentin-Hyacinthe fut passé au château de Versailles le 26 Janvier 1687, avec l'agrément du Roi, en présence de Madame la Marquise de Maintenon. Etaient présents aussi Charles Colbert, marquis de Croissy-Torcy, ministre et secrétaire d'Etat, et d'autres Colbert : le marquis de Seignelay, le comte de Maulévrier, l'archevêque primat de Carthage, Jean-Baptiste Colbert, Marie-Thérèse Colbert, ...(Halgouet)
Il fut au service du Roi depuis 1653, lieutenant et capitaine au régiment d'infanterie de Vaillac en 1668, commanda une compagnie de cavaliers en 1682, fut gouverneur de Quimper en 1684, commandant des gardes de la Marine à Brest et à Rochefort (A.D.L.A. B 91, folio 210 V°)
Halgouet donne toutes les étapes de sa carrière militaire. Il est gouverneur de Quimper de 1681 à 1684, puis capitaine de vaisseau, chevalier de l'ordre de Saint-Louis en 1694. Il mourut à Brest après s'être trouvé à 32 sièges tant en Catalogne, Hollande, Flandres, Franche-Comté, à trois batailles rangées (Saltonne, Caredon, et Cassel), à deux combats sur mer sous les ordres de Tourville, à une descente en Angleterre où il commandait les gardes de la Marine.
Le Roi l'anoblit en Novembre 1698. Ses lettres de noblesse, dit Meyer, récompensent des faits d'armes ... C'est le bilan classique d'un bon militaire ... (La Noblesse Bretonne, Tome 1)
Madame de Sévigné en parle dans ses Lettres "il a passé le Rhin à la nage en notre présence" (Tome 1, p.582 - 584, La Pleiade).
Son fils, Henry François (Henry-Louis sur les registres paroissiaux de Saint-Aubin), marche sur ses traces. Né le 24 Septembre 1689, il est enseigne de vaisseau à 16 ans. Il fit la campagne d'Amérique contre les Anglais, la guerre contre la Hollande, le siège de Gibraltar; combattit de nouveau en Amérique contre les Anglais, fit l'expédition de Rio de Janeiro, se rendit encore en Amérique, à l'Ile Royale, à Saint-Domingue, et combattit contre les Saltins (Halgouet) . Son acte d' inhumation figure parmi les actes de la paroisse de Saint-Aubin, à la date du 21 Mai 1751 : "Messire Henry Louis de Coulombe, ancien capitaine réformé des Vaisseaux du Roy et commissaire général d'artillerie, décédé à Rennes le 19 dudit mois de May ".
Armes: "d'azur au lion d'or" (d'Hozier)
dazur au lion d'or lampassé de gueules, accolé d'argent à une fasce de gueules chargée de trois coquilles d'argent, accompagné de six merlettes de sable posées 3 en chef et 3 en pointe, 2 et 1. (Armorial général de France, par Chassin du Guerny, 1930).
D'après Alfred Gernoux, Madame de Virel "née Henriette de Coulombe", reçut chez elle le général royaliste Vasselot en Novembre de l'année 1796 ... Taillandier, commissaire du canton de Sion écrit:
"... Sion, le 25 Février 1797, hier à cinq heures du soir, je fus informé que Puisaye et deux autres émigrés qui l'accompagnaient étaient chez la citoyenne de Virel, au château du Plessix en ... Saint-Aubin. J'envoyai dans la nuit un détachement du cantonnement de Sion qui arriva à trois heures, cerna le château et attendit le jour pour entrer, mais Puisaye et ses compagnons étaient partis le 24 au matin. Taillandier, commissaire." (La Révolution au pays de Châteaubriant)
Toutefois on peut se demander si Gernoux ne confond pas la belle-mère avec la belle-fille.
Les Desilles
L'épouse d'Henri Auguste Dufresne de Virel s'appelait Jeanne Michelle Desilles. Elle fut veuve très jeune. Un inventaire d'archives est dressé par le juge de paix à Châteaubriant le 7 Mars 1792, en la demeure de feu le sieur de Virel, en présence de Madame de Virel, de son fils et de son père (Halgouet). Alfred Gernoux dit d'elle "qu'elle passait pour être la maîtresse de Puisaye" et que le Plessix aurait été "l'un des camps de concentration de l'armée chouanne ".
Jeanne avait deux soeurs qui devinrent dames de La Fonchais et d'Allerac. Angélique-Françoise, dame de la Fonchais, fut impliquée dans l'affaire de la conspiration de la Rouerie dont son père était le caissier. Celui-ci réussit à s'enfuir à Jersey, mais elle fut arrêtée avec ses doeux soeurs ... refusant de faire connaître qu'on l'avait prise pour une de ses belles-soeurs, plus âgée qu'elle (Kerviler). Toutes trois furent traînées captives à ... Saint-Malo et de Saint-Malo à Paris. Dans la prison de l'Abbaye, elles se trouvèrent en compagnie de Madame Roland (" 0 Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! "), qui, dans ses Mémoires, a laissé de ses compagnes ce rapide croquis : " Mesdames de Virel et d'Allérac sont deux jeunes femmes douces et honnêtes, dont l'aînée, veuve de 27 ans, ne manquent pas d'amabilité ni de caractère; la plus jeune était d'une santé fort languissante. Quant à Madame de la Fonchais, la conformité de son nom avec le mien occasionna des quiproquos singuliers de la part d'un de nos amis qui projetait de m'enlever". Tandis que les deux premières furent acquittées par le tribunal de Fouquier-Tinville, Madame de la Fonchais monta sur l'échafaud, victime de sa parole et de son dévouement. Jeanne Desilles vécut dans l'oubli, occupée de l'éducation de son fils unique, puis se retira vers la fin de sa vie au couvent de la Retraite à Redon; elle y mourut le 30 Janvier 1848, âgée de 81 ans. (Halgouet)
L'abbé Deniau dit de Jeanne qu'elle était la soeur du héros de Nancy. Qui était ce héros ?
Le Dictionnaire de Biographie Française (Tome X - Lie-Letouzey) le
cite:
"Issu d'une famille normande qui était venue se fixer à Saint-Malo
pour y faire du commerce sans déroger. Il était fils de Marc
Pierre François. sieur de Cambernon. ancien officier au régiment
de Limousin devenu armateur. et de Jeanne Rose Michelle Picot de
Clorivière. soeur de P. de Clorivière (S.,J.. Il naquit à
Saint-Malo le 11 Mars 1767. entra à l'école royale militaire.
fut affecté en 1783 au régiment du Roi - infanterie où
il était lieutenant en 1790. Lors de l'insurrection des trois
régiments de la garnison de Nancy : le Roi-Infanterie,
Mestre-de-camp-Cavalerie, Suisse-Chateauvieux, Des Isles demeura à
son poste et prêcha le calme. Le 31 Août, il ne conduisit pas
ses soldats hors de la ville, comme Bouillé l'avait prescrit, mais
se trouvait à la porte Sainte-Catherine lorsque les têtes de
colonnes de l'armée destinée à la répression
se présentèrent. Derrière la porte fermée, servies
par les Suisses de Châteauvieux, étaient braquées quatre
pièces de canon dont une de 24, chargées jusqu'à la
gueule. Lorsque les grenadiers du régiment de Vigier parurent, les
canoniers improvisés s'apprêtèrent à tirer, mais
Des Isles les empêcha soit en se jetant sur les lumières, soit
en se couchant de tout son long en travers des bouches, soit enfin en s'asseyant
sur la lumière ducanon de 24. Cette lutte dura environ une demi-heure
et permit à M. de Lort d'entrainer les soldats du régiment
du Roi à dégarnir la porte Stainville et la troupe fidèle
put entrer dans Nancy. Les Suisses improvisés canoniers arrachèrent
enfin Des isles à l'intérieur de la ville; il s'échappa,
revint aux pièces et se heurta à une dizaine de Suisses armés
de fusils qui le blessèrent de cinq balles. La mèche du canon
de 24 fut alors éteinte par la femme du porte-consigne (une
héroïne anonyme) qui jeta sur elle une cruche d'eau. Les autres
pièces envoyèrent sur les troupes de Bouillé une volée
de mitraille et c'est alors que M. de Gouvion fut tué.
Des Isles fut probablement soigné chez M. Fisson du Montet à la fille duquel il était fiancé. Son état,d'abord satisfaisant, empira au bout de quelques semaines et il expira dans la nuit du 16 au 17 Octobre 1790. L'Assemblée, la grande responsable de tous ces troubles n'avait pas attendu cette mort pour célébrer en termes grandiloquents qui sonnaient faux, en assaisonnant d'ailleurs la vérité de quelques mensonges, le dévouement de ce jeune homme.
Louis XVI lui avait fait remettre la croix de Saint-Louis. Monseigneur de la Fare prononça son oraison funèbre et il fut enseveli à Nancy,dans le caveau des primats de la Cathédrale. La Porte-Neuve à Nancy a pris en 1867 le nom de Porte des Isles."
- Annales de la Société hist. et arch. de l'Arrond. de St-Malo,192,
p. 139, portrait.
- Bordeaux Les trois soeurs des Isles, 1952.
- Halgouet Archives du château de Trédion.
- Deniau Quelques pages d'Histoire
Les Bonnier
D'après "le Parlement" de F. Saulnier: "les services que (la famille Bonnier) a rendus à la cause d'Henri IV lui ont valu d'être anoblie par lettres de Mai 1594, dans la personne de deux de ses membres, Mathurin, sieur de la Cocquerie et François, son frère, sieur de la Gaudinaye. Ceux-ci sont les auteurs des diverses branches de La Cocquerie, de la Chapelle, de Champclin et des Grées, toutes éteintes avant le XIX° siècle. Leur noblesse a été reconnue par deux arrêts de la Chambre de réformation du 26 Septembre et 30 Octobre 1668."
Mathurin, procureur fiscal de la cour et baronnie de Châteaubriant figure en 1587 dans l'acte de fondation de la communauté de cette ville (Goudé). Il fut l'un des chefs du protestantisme dans ce pays. En 1578, il était conseiller au Parlement de Rennes (Kerviler). A.D.L.A.- B 1277
Pierre I, est Président au Parlement de Bretagne en 1609; il réside à Rennes en 1620 (Halgouet) Pierre Il est Président à mortier du Parlement de Bretagne (1632).
Sa femme, Anne Foucault est la fille de René, sieur de la Godetière et de Launay-Dionis (X le 20.02.1618 à Saint-Laurent de Nantes). Elle est marraine d'une parente, Anne Foucault à Saint-Vincent de Nantes, le 5 Février 1639. Elle est encore marraine à Saint-Aubin, le 3 Mars 1669, où elle est dite "haute et puissante dame de la Cocquerie, veuve de haut et puissant Messire Pierre Bonnier, vivant premier président au Parlement de cette province de Bretagne, seigneur de la Cocquerie". Le parrain n'est autre que Messire Hyacinthe de Thierry, seigneur du Plessis-Gazon, Saint Aubin,... chevalier du roy...(la mention : haut et puissant a été rayée et réprouvée, pour ce dernier). Pierre et Anne Foucault, sieur et dame de la Cocquerie sont inhumés dans la chapelle Saint-Sébastien à Saint-Aubin de Rennes. Pierre III est président à mortier en 1656. Il eut au moins douze enfants de Louise Marot. Le marquisat de la Dobyaye, en Saint-Jean-sur-Couesnon aurait été acquis le 28 Février 1672 (vente judiciaire), selon Guillotin de Corson (Tome II). Il semble qu'il y ait une erreur de date, Saulnier écrivant que Pierre mourut le 25 Mars 1668.
Renée, fille de Pierre III épousa en 1683 Hyacinthe de Thierry (voir ci-dessus). Elle se remaria en 1707 avec Jean de Rabasté dont elle eut deux filles : Gaétane-Louise, femme de Louis Tranchant et Renée, épouse de Julien de la Corbinais. Elle mourut en 1745 (Kerviler).
François-Jean fut aussi président à mortier en 1696; il épousa en 1686 Jeanne-Laurence Ernault à Saint-Germain de Rennes. Sa fille unique, Marie-Françoise-Thérèse naquit à Rennes le 01.10.1698 Après son mariage, elle fut appelée la présidente de Rochefort. Elle avait hérité de son oncle Guillaume décédé en 1719. En 1725, elle est veuve et doit faire face à un procès que lui intente le seigneur de Saint-Aubin, René-François de Thierry.
François, sieur de la Chapelle et son fils Pierre furent gouverneurs de Guérande. Pierre, seigneur de Launay, gouverneur du Croisic et de Saint-Nazaire en 1678 (Kerviler) aurait épousé Louise de Kerpoisson le ler Mai 1678 A.P.H.R.N., St-André-des-Eaux, et Halgouet, château de Trédion Louise-Agnès de Kerpoisson se remaria en 1694 avec Maurice Auvril, seigneur de la Chauvière.
François, le père de Pierre de la Chapelle, mourut à Nantes-Chantenay le 13 Novemmbre 1684 (Fichier Freslon). Dans l'acte d'inhumation, il est dit époux d'Anne Foucault, sans doute une parente de la femme de Pierre II (sa cousine germaine [X.du Boisrouvray in Annales de Nantes N° 171/172, P.32]). Pierre, le mari de Louise de Kerpoisson est aussi inhumé le 17 Juillet 1692 à Nantes-Chantenay, où était né François-René le 27 Octobre 1680 (Freslon). On sait que cette famille possédait dans l'église de Chantenay une chapelle.
L'abbé Laubier, vicaire général du diocèse, écrit en 1669 que cette "chapelle n'est pas en bon état"(G. 50, A.D.L.A.).
Les différentes branches de cette famille sont souvent confondues. Ainsi, l'abbé Deniau écrit que Pierre II épousa Louise Laubier, cousine de Messire Laubier de la Rive, recteur de Saint-Aubin. En fait, Louise épousa Pierre Bonnier, sieur de la Berhaudière (Nantes, Saint-Laurent le 11 septembre 1628). Elle eut un fils prénommé Michel le 6 Mars 1645 à Noyal-sur-Brutz, dont le parrain était, en effet, le recteur de Saint-Aubin. Pierre est ici le fils de feu Jacques et de Claude de la Grée.
Mais ces sieurs de la Berhaudière, en Villepôt, ne parvinrent pas à faire reconnaître leur noblesse; ils furent déboutés par la chambre de réformation. Pourtant, il semble y avoir un lien de parenté. On voit, par exemple, assister au mariage de Pierre et Louise, Pierre Bonnier, sieur de la Cocquerie et René Foucault, sieur de Launay.
Toutes les branches auraient été éteintes avant le XIX° siècle. Cependant, une famille, descendant de Raoul Bonnier et de Jeanne de la Lande (Dinan), revendique une origine commune (Chaix d'Est-Ange, Borel d'Hauterive). L'un des derniers descendants des B. de la Chapelle aurait épousé la petite fille de l'éditeur Hetzel (Annales de Nantes, la Hautière, N° 143, p. 16). Pour certains, l'assassin de Darlan (1942), Bonnier de la Chapelle, serait aussi de cette famille (Joxe, Le protestantisme).
Armes des Bonnier de la Cocquerie:" d'argent à trois trèfles de sinople"
Sources
Chaix d'Est-Ange : Kerviler
Saulnier : Halgouet
G. de Corson : Freslon
M. Buffé : Paris-Jallobert
A.D.L.A. Annales de Nantes