ANCIENNETE DE SAINT-AUBIN
Ne serait-ce que par son nom, Saint-Aubin-des-"Châteaux" fait penser à un lieu assez ancien. Et, en effet, G. de Corson écrit : "Saint-Aubin faisait partie de la commanderie de Nantes... Saint-Aubin renfermait la templerie de Saint-Gilles ... Dans la paroisse de Saint-Aubin, on raconte qu'une ancienne et vaste chapelle dédiée à Saint-Gilles appartint originairement aux Templiers. Au midi de cet édifice dans une prairie que baignent les eaux de la Chère sont des ruines que la tradition prétend avoir été la prison des Templiers ... Je ne suis pas loin de penser que Saint-Aubin doit son commencement à un établissement militaire"
(Les Templiers et Hospitaliers de Bretagne -Médiathèque 90.283)
Il ne reste pas de vestiges de cette époque reculée, à part la chapelle des Templiers en très bon état de conservation et dont l'entretien doit beaucoup à M. de Cambourg, le maire actuel de la commune.
Pourtant nous savons qu'il y avait encore au siècle dernier d'autres traces anciennes. Ainsi, E. ORIEUX, dans "Géographie de la Loire Inférieure, Tome Il " mentionne qu'en 1895 " subsistent au bourg des maisons à meneaux croisés et, dans l'île formée par les deux bras de la Chère au bas du Tertre, des ruines du XV° ou XVI° siècle (2 tours, 2 chambres et 1 pont ) ". Ces tours constituaient peut-être un relais permettant aux gens du château de surveiller la vallée de la Chère vers le sud. Ajoutons que l'ancien presbytère était un manoir à tourelles qui subsista pendant 420 ans (1461 à 1881).
La paroisse existait dès le XlI° siècle puisque nous savons que le 7 Août 1183, Bonabes de ROUGE fit don aux moines de Melleray des dimes annuelles recueillies à Saint-Aubin (A.D.L.A. - H.75).
En 1420, on y connaissait les manoirs suivants : le Plessis au sieur de Vendôme, la Coquerie à Yves Beaucen et la Courbetière à Jean Beaucen (Ogée, Dictionnaire de Bretagne - 1853).
Si nous remontons plus loin dans le temps, nous constatons que les Gaulois y ont, eux aussi, laissé des traces; une monnaie gauloise a été retrouvée à la carrière du bois de la Roche en 1926. (voir Annales de Nantes et du pays nantais, No 159 - 1970 )
P. de Lisle de Dreneuc a consacré quelques lignes à Saint-Aubin dans son " Dictionnaire archéologique de la Loire Inférieure " en 1887. Voici quelques extraits :
" On trouve à Saint-Aubin-des-Châteaux deux menhirs près du cimetière : un en poudingues ferrugineux de 4m20 de haut, un autre à vingt pas de là le long du sentier qui borde la pièce, et de 2m10 de haut. Du point où sont situés ces deux menhirs, on découvre une vue assez étendue sur la vallée de la Chère, la forêt et l'étang de la Hunaudière. Deux tables de pierre, en face du bourg de Saint-Aubin, mais de l'autre côté de la rivière, on voit au dessus d'un bois de pins qui couronne le sommet de la côte, une large table de grès quartzeux soulevée de terre comme une pierre de dolmen de 4m60 par 3m et de 60 à 70 cm d'épaisseur. Des cavités assez profondes sont creusées sur le dessus de la roche. Un peu plus bas, une autre pierre plate de 5m10 par 3m30 ... Trois haches en pierre polie (diorite) ont été trouvées dernièrement en cette commune ".
L'auteur ajoute :
" Le nom de castrum (château) rappelle sans doute l'existence de chasteliers ou camps retranchés. Quelques traces au sommet de la butte de l'autre côté du ravin qui passe à l'est et au pied du bourg. Ces retranchements ont une forme un peu circulaire. Un tronçon de voie romaine est signalé entre le village de la Goustière et la forêt de Domnaiche. A peu de distance de ce point, au village de la Chapelle, M. l'abbé GOUDE a reconnu des vestiges très apparents de cette voie sous les ronces et les amas de pierres qu'on enlevait pour empierrer les chemins. De là elle se dirigeait vers le château de la Daviais suivant Bizeul. Au contraire, elle remonterait au Nord vers le village du Péré et le gué de Chère suivant M.Goudé ".
A propos de SION, l'auteur écrit:
"Au village des Grez, on découvrit en 1875 une statue gallo-romaine en plomb représentant la Vénus impudique. Beaucoup de monnaies romaines et de sarcophages en calcaire coquillier furent découverts en même temps dans les travaux exécutés pour le tracé d'un chemin vicinal ( voir P.V. de la Société archéologique, 6 décembre 1875, communication de Monsieur ORIEUX ). Je ne connais aucun village du nom des Grez en Sion; à peu de distance de la limite de cette commune se trouve le hameau des Grées en Saint-Aubin-des-Châteaux"